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jeudi 10 mars 2022

Mon enfance, ma scolarité et ma minorité de 0 à 21 ans. Je ne déblatère pas, je décris tout simplement.

 Mon enfance, ma scolarité et ma minorité de 0 à 21 ans. Je ne déblatère pas, je décris tout simplement.

Né le 4 juillet 1959 à Leuven (3000 Louvain), je suis arrivé aux forges de Saint-Hubert (à mi-chemin entre la gare de Poix et le village devenu ville avec la fusion des communes) en 1962, j'étais dans ma troisième année de vie et ce lieu, se nommait "les enfants de la patrie". Étant pupille de l'état belge jusqu'à ma majorité (21 ans à cette époque), j'appartenais (comme tous les autres orphelins de père et de mère que je suis) à l'état belge et ce dernier, ( enfin disons les fonctionnaires qui le représentaient ), disposaient de ma personne et donc aussi de la totalité des autres orphelins comme bon leur semblait. (Esclavagisme, corvéabilité, pédophilie, etc. voire le dossiers bis de l'affaire Dutroux et lire les bouquins de Jules Brunin).
En Belgique, lorsque l'on est pupille de la nation et donc sans aucun proche parent responsable depuis la naissance, le patronyme disparait totalement et ne subsiste que le prénom (parfois). Ce n'est qu'à l'âge de 25 ans et quelques mois que j'ai appris presque par hasard, mon patronyme (celui de ma vraie maman) et qui m'a permis de retrouver ma vraie famille. Dans ce cas précis, un autre nom nous est fourni et qui est la plupart du temps celui du tuteur légal. Il s'agit d'une personne sans aucun lien de parenté et que l'on ne voit jamais. Ma chance c'était d'avoir une tutrice qui se nommait Odette Delecluse ( Delecluse en un mot et avec un grand "D", née française le 27 novembre 1920), femme sans enfant qui accueillait près d'elle les weekends, jours fériés et congés scolaires, des orphelins pour permettre au personnel des institution de partir en vacances. Cette dame, sévère et inadaptée à l'éducation des enfants est devenue pour moi une sorte de mère adoptive bien que je n'ai jamais été légitimé par un quelconque tribunal.
D'institutions nommées aujourd’hui "IPPJ"  (Institution Pédophile qui Profite des Jeunes) en foyer d'accueil (une dénomination qui ne veut rien dire et qui ne correspond que très vaguement à la réalité) qui est souvent formé par une famille d'accueil souvent adoptante qui reçoit des garçons lorsque le couple ne possède que des filles et inversement, j'ai été transbahuté dans tous les coins du pays avec une incursion au grand duché de Luxembourg à la période des foins..
Dès mes 4 ans, j'ai consciemment perçu que j'étais dans le mauvais wagon. Les foyers d'accueil était à moitié remplis par des enfants qui avaient de vrais parents (nos accueillant), ils étaient choyés, gâtés, pouvaient faire de longues études et avaient une vie de rêve, tandis que nous les orphelins "moins que rien et bon à rien" nous manquions de toutes ces choses qui nous ont marquées à vie.
Beaucoup de mes condisciples des orphelinats et foyers d'accueil ont mal fini. Le trajet "Orphelinat-service militaire-prison" n'est pas qu'une légende sans fondement. C'est le trajet récurant de tout garçon orphelin de cette époque. Même si tu te conduis bien, il est prévu pour toi, un mois de prison quoi que tu fasses. En Belgique c'est comme ça.
Jusqu'à ma huitième année, tout se passait à peu près bien. Lorsque l'époux de la tutrice à décidé de ne pas me rendre à l'orphelinat et de me garder pour eux, les choses ont pris une toute autre tournure. L'enfer a commencé. Ce couple qui recevait d'autres orphelins jusqu'à ma douzième année, a été contraint à beaucoup de concessions pour pouvoir me conserver près de lui. Des prêtres, des bourgeois et des aristocrates ont abusé sexuellement de moi entre mes 8 et 14 ans. Jusqu'à mes 20 ans passé, j'ai encore eu beaucoup de relations sexuelles avec des adultes hommes et femmes (contrairement aux idées reçues, il y a autant de pédophiles femmes que d'hommes). Première sodomie le lundi 8 janvier 1968 par un prêtre dont les initiale complète sont A.J.M.L. et première relation sexuelle avec une femme (ma prof de catéchisme) le dimanche 7 décembre 1969, madame L. rue Puccini près de l'école primaire à laquelle j'ai été scolarisé.
Nombre de fois, j'ai subit un couple de prêtres à quatre pattes sur un canapé faisant à l'un une fellation pendant que l'autre me sodomisait. J'ai été mainte fois recousu par le pédiatre Max Herbaut.
Ces abus sexuels ont été nombreux entre 8 et 14 ans, parfois jusqu'à 4 fois par jour et 3 fois par semaine (lundi, mercredi et vendredi). Durant les vacances d’Été de 1973, ça s'est estompé. Je commençais  ma puberté et je perdais le physique d'un enfant. Ma première éjaculation a mis un terme à cette souffrance perpétuelle qui m'a anéantie moralement.
Du fait que j'étais gaucher, j'ai du doublé  ma troisième primaire. Les institutions catholiques ne formant que des droitiers, il était interdit d'être gaucher. Mon bras gauche était ceinturé au dossier de la chaise ou du banc et j'étais contraint sous la menace de coup de martinet dont les lanières en cuir étaient trempées dans un seau d'eau (pas très propre), d'écrire à la plume, avec la main droite. Aujourd'hui encore, je ne suis pas totalement droitier. Ce fut entre autre l'une des principales contraintes de ma jeune vie. Lorsque j'apercevais les autres enfants, ceux qui avaient la chance de vivre avec leur famille, je souffrais en silence.
Ce que je ne savais pas, c'est que comme pupille de l'état, je n'avais droit qu'aux études du moyen inférieur (les trois premières humanités, techniques, ou professionnelles) donc pour seulement devenir un esclave bien éduqué et soumis.
L'homme qui ma donné son nom (Jacques Depré né le 26 décembre 1924) m'a donné la chance de pouvoir faire une année de plus pour acquérir un A4 en électricité avec comme contre partie de l'argent que je devais lui fournir. Pour se faire j'ai dû travailler de nuit en sidérurgie pour pouvoir suivre les cours de la dernière année professionnelles aux Art et métiers 50 boulevard de l'abattoir à 1070 Bruxelles. Mes nuits (temps de repos complet) étaient morcelées. Je dormais durant les trajets, aux récréations et aux temps de Midi. Une vie de galère depuis mes 8 ans.
J'ai obtenu mon diplôme en étant le septième sur 30 élèves et le premier en Français. 
 
Dès mon arrivée définitive le weekend de l'ascension en 1967 chez les Depré, j'ai fait partie de l'énorme famille des naturistes du monde. Une communauté internationale (la FNI) qui rassemble plusieurs millions de personnes de tout pays et qui aiment vivre un maximum de temps, totalement nues et libres.
C'est une excellente philosophie qui enseignée aux enfants depuis leur jeune âge, les dépourvoit de tout complexe. Les naturistes sont tous égaux et les différences sociales sont gommées. C'est le paradis sur terre. J'y avais déjà goutés les fois où avec d'autres orphelins nous allions chez eux lors des grandes vacances à Chassepierre, dans le domaine des Epioux et dans le bois d'Azy.
Parce que la malchance m'a poursuivi un moment, le lundi suivant de l'ascension (le 22 Mai 1967), ma tutrice, souhaitait que je sois mieux habillé qu'avec le grotesque uniforme de l'orphelinat. Elle m'a vêtu d'un blazer avec une chemise blanche, un nœud papillon, des chaussettes blanches, un pantalon en Tergal ...il ne me manquaient que les chaussures qu'elle voulait noires. Nous avons fait tous les grands magasins de Bruxelles que je découvrais pour la toute première fois. Le magasin de la bourse, les galléries Anspach, le bon marché et l'Innovation qui a été incendié ce jour-là alors que nous y étions. Le feu a simultanément pris aux deuxième et quatrième étages. Nous avons été parmi les premiers à nous enfuir et sur le trottoir de la rue du canon  et de la rue du Damier, nous entendions des gens qui parlaient d'un incendie criminel commandité par le patron de l'époque pour toucher l'assurance. je m'en souviens comme si c'était arrivé hier. C'étaient des employé(e)s de ce magasin qui le disaient et qui étaient déjà à l'abri à l'extérieur. Nous avons eu la peur de notre vie. Nous avons pris un tram le 63 près de l'église sainte Gudule pour retourner à Scheut, là où je logeais avec les Depré. Le soir à la télévision en noir et blanc, nous avons vu les dégâts de l'incendie et 335 morts étaient déjà répertoriés. La plupart ont été enterrés en vitesse au cimetière de Evère mais je ne saurais pas dire pourquoi. J'étais trop jeune pour comprendre ce qui se tramai.
  

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